Singapour : une position de hub crypto en perte de vitesse

Singapour : une position de hub crypto en perte de vitesse

Singapour est souvent considéré comme le hub crypto majeur de l’Asie, en raison de sa position en tant que centre financier, sa réputation de gouvernance sans faille et d’état de droit strict. Pourtant, la situation semble avoir évolué depuis ces dernières années alors que la banque centrale et régulateur financier du pays, l’Autorité monétaire de Singapour (MAS), a adopté des mesures de plus en plus strictes pour réglementer le secteur crypto. 

Source : Adobe

L’annonce de la mise en place d’un cadre réglementaire baptisé “Digital Payment Token License” dans le pays avait tout d’abord enthousiasmé l’industrie crypto. Mais les acteurs du secteur se sont très vite heurtés à de nombreuses difficultés : en effet, fin 2021, parmi une centaine d’entreprises ayant demandé une licence pour offrir des services liés aux crypto-actifs auprès de la MAS, seules cinq ont obtenu les autorisations requises. On peut noter que les grands noms du secteur crypto sont absents de la liste (Coinbase, Gemini…). Quant à Binance, l’exchange a opéré un virage stratégique en mettant un terme à ses activités en tant qu’exchange et en se recentrant autour d’un hub d’innovation blockchain.

Par la suite, la MAS a publié en janvier dernier un document intitulé « Guidelines to Discourage Cryptocurrency Trading by General Public » (directives visant à décourager le trading de cryptomonnaies par le grand public), indiquant que bien qu’elle encourage fortement le développement de la technologie blockchain et les cas d’utilisation innovants des cryptomonnaies, « le trading est une activité risquée qui ne convient pas au grand public. »

Cette même année, le projet de loi “Financial Services and Market Bill” adopté en avril :

attribue de nouveaux pouvoirs à la MAS, qui pourra interdire aux personnes considérées comme inaptes à exercer des rôles, fonctions et activités clés de travailler dans les domaines des paiements et de la gestion des risques ;porte à 1 million SGD (738 000 USD) la sanction maximale qui peut être imposée aux institutions financières qui perturbent leurs services.

Le MAS applique désormais un des processus d’octroi de licences aux fournisseurs de services d’actifs numériques les plus rigoureux d’Asie, avec le Japon. 

« Il doit l’être car nous voulons être un hub crypto mondial responsable avec des acteurs innovants, mais aussi avec de fortes capacités de gestion des risques », a déclaré le directeur général de la banque centrale, Ravi Menon, lors lors du Financial Times Crypto and Digital Asset Summit.

M. Menon a expliqué que le MAS procède à l’examen des antécédents des candidats et vérifie s’ils disposent de solides structures en matière de gouvernance d’entreprise. Ils doivent également être familiarisés avec les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme : selon lui, si les crypto-actifs ne constituent pas actuellement une menace pour le système financier, il existe des risques associés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme.

Patrick Chiu, fondateur de AP Capital, un fonds d’investissement basé à Hong Kong a déclaré à Coindesk que les conditions requises pour l’obtention d’une licence sont difficiles à satisfaire : par exemple, l’une des exigences en matière de KYC/AML est le contrôle en face à face, ce qui n’est pas à la portée de toutes les entreprises. Il est également exigé que les cryptomonnaies ne circulent que dans un réseau de portefeuilles autorisés dans le pays.

Néanmoins, Singapour souhaite sans aucun doute poursuivre l’expansion du secteur crypto, mais en gardant le contrôle sur celui-ci. La participation de la MAS au projet Dunbar développé par la Banque des Règlements Internationaux, avec la coopération de la Reserve Bank of Australia, la Bank Negara Malaysia et la South African Reserve Bank, est un exemple de la direction que Singapour souhaite prendre. Le projet Dunbar s’est concentré sur la mise en œuvre d’une plateforme qui pourrait permettre des règlements internationaux à l’aide de monnaies numériques émises par plusieurs banques centrales. La plateforme a été conçue pour faciliter les transactions transfrontalières directes entre les institutions financières dans différentes devises, avec le potentiel de réduire les coûts et d’augmenter la vitesse.

Le futur du secteur crypto à Singapour reste difficile à déterminer. Ce qui est sûr, de l’avis général, c’est que la finance décentralisée (DeFi) sous sa forme actuelle ne pourra pas se développer à Singapour si les actifs numériques ne peuvent pas quitter les portefeuilles inscrits sur la liste blanche. Par ailleurs, avec l’interdiction des distributeurs (ATM) de Bitcoin, l’utilisation des crypto-actifs se complique davantage. Singapour aura beaucoup à faire pour continuer à attirer les investisseurs cryptos dans le pays.

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