Les déclarations chaotiques du premier ministre indien sur le Bitcoin

Les déclarations chaotiques du premier ministre indien sur le Bitcoin

Les réactions de la cryptosphère face aux commentaires inattendus sur le Bitcoin (BTC) et la réglementation des cryptomonnaies du Premier ministre indien Narendra Modi sont à la fois perplexes et amusées.

Source: Narendra Modi/YouTube

Dans un discours virtuel au Dialogue de Sydney, Modi a déclaré que “les nations démocratiques devraient collaborer sur les cryptomonnaies pour s’assurer qu’elles ne tombent pas dans de mauvaises mains.”

Sur Twitter, il (ou son équipe de relations publiques) a décidé qu’il valait la peine de répéter cet avertissement par écrit, en expliquant :

“Prenez les cryptomonnaies ou le Bitcoin par exemple. Il est important que toutes les nations démocratiques travaillent ensemble sur ce sujet pour garantir qu’il ne finisse pas dans de [mauvaises] mains, ce qui peut ruiner notre jeunesse.”

Par ailleurs, il a exhorté, dans son discours,

“Nous nous trouvons à un moment historique de choix. Les merveilleux pouvoirs de la technologie de notre époque peuvent devenir des instruments de coopération ou de conflit, de coercition ou de choix, de domination ou de développement.”

Sur les médias sociaux, les commentateurs du monde crypto se sont efforcés de comprendre le sens exact des propos de Mr Modi, notamment ce à quoi il fait référence en mentionnant ces “mauvaises mains”.” Les fins limiers de l’Internet ont tenté de déterminer si il s’agit d’une allusion à une possible répression crypto à la chinoise.

Le Bitcoin et les autres réseaux blockchain sont des protocoles décentralisés, ce qui signifie qu’en dehors des grands pools miniers et des baleines (dont l’influence dans l’écosystème crypto peut être surestimée, selon certains analystes), il n’y a pas de “mains” contrôlant les “jeunes” en Inde ou ailleurs.

Les déclarations de Modi interviennent à un moment où l’Inde prévoit de lancer son propre projet pilote de monnaie numérique de la banque centrale (CBDC), qui serait en bonne voie pour ses débuts au cours du premier semestre de 2022.

Mais la banque centrale, la Reserve Bank of India (RBI), a (comme beaucoup de ses homologues) fait des progrès péniblement lents sur ses projets de roupie numérique. Selon un article de l’Indian Express d’hier, la RBI hésite encore à “faire correspondre les priorités nationales aux caractéristiques de conception”.

Bien que la RBI ait parlé de commencer des essais limités pour la CBDC le mois prochain, un déploiement national complet semble peu probable à très court terme – et rien n’indique encore que New Delhi cherchera, comme la Chine, à interdire l’accès à la cryptomonnaie.

C’est précisément ce que Pékin a tenté de faire, prétendument pour protéger ses citoyens du “risque spéculatif” et limiter les émissions de carbone. Mais nombreux sont ceux qui pensent que Pékin agit ainsi pour ouvrir la voie à son yuan numérique, qui deviendra le seul actif numérique du pays. Et la Chine est dans les temps pour lancer son CNY numérique au début de l’année prochaine, bien avant l’Inde et la plupart des autres grandes économies.

Selon un utilisateur de Twitter, “la réalité est que” Modi “a peur que l’argent n’arrive pas à la poste et aux banques du secteur public qui doivent rendre des comptes à [la] RBI”.

Les utilisateurs de Twitter ont affirmé que Modi espère également prendre le “contrôle” des formes numériques de la finance.

Cependant, certains, comme le fondateur et PDG de Quantum Economics, Mati Greenspan, ont été tout simplement déconcertés par cette déclaration.

Bien sûr, mentionner le fait de laisser les choses “tomber entre de mauvaises mains” était un excellent prétexte pour une série de gags politiques : les utilisateurs de Twitter de tous bords ont rétorqué que l’Inde elle-même était tombée entre de mauvaises mains en 2014, lorsqu’elle a élu Modi au pouvoir.

Comments are closed.