Le "Métavers", nouvelle frontière du numérique

Le « Métavers », nouvelle frontière du numérique

Source : Adobe

Les exigences de distanciation physique apportées par la pandémie ont amené de nombreuses personnes vers des environnements numériques pour partager un éventail croissant d’expériences humaines. Le jeu est le domaine de prédilection de ces co-expériences numériques, avec l’exemple de Fortnite ou Animal Crossing, mais ce ne sera sans doute pas le seul : des applications comme Zoom ou Google Sheets peuvent être considérées comme les premiers pas vers les espaces de travail virtuels.
Le Métavers représentera un changement aussi important dans la communication en ligne que le téléphone ou Internet. La plus grande opportunité qu’il présente est peut-être de rassembler des personnes de tous horizons et de favoriser l’émergence d’une société numérique civile.
Ce n’est donc une surprise pour personne si après l’échec relatif de ses projets cryptos, Facebook souhaite développer ses activités autour de son propre Métavers, avec une plateforme de réseaux sociaux en réalité virtuelle baptisée Horizon.

Un univers qui se construit peu à peu hors du domaine de la science-fiction

L’infrastructure autour du Métavers pourrait bénéficier d’un coup de pouce avec le développement des outils du web 3.0. Le concept étant encore récent, il est difficile de s’accorder sur une définition commune comme le montre les multiples de points de vue entre les professionnels travaillant dans le secteur de la technologie. Des éléments récurrents sont pourtant identifiables tels que une réalité augmentée, interactive et numérique complète, une convergence des mondes numérique et physique, la prochaine itération d’Internet, l’existence d’une économie fonctionnelle…

Le Métavers peut devenir une industrie à part entière de plusieurs milliards de dollars et changer fondamentalement notre interaction avec le monde numérique. Une expérience virtuelle collective offre de multiples opportunités aux créateurs, aux joueurs et aux artistes. Du côté des entreprises, le modèle basé sur les achats de publicités en ligne devra laisser la place à une économie virtuelle, amenant sans doute ces entreprises à participer à la création du Métavers lui-même. Une nouvelle génération d’entreprises pourrait voir le jour, à l’instar de ce qui s’est passé avec la popularisation d’Internet.

L’économie du jeu est un exemple de système sur lequel pourrait se développer l’infrastructure financière du Métavers : les joueurs peuvent acheter et vendre des biens qui n’ont aucune valeur réelle en dehors de l’univers du jeu lui-même mais cela pourrait très vite changer. Le succès pérenne des jeux comme Fortnite et du vétéran Grand Theft Auto V, sorti il y a plus de sept ans, est le témoin de l’intérêt continu du public pour ces espaces virtuels. Le Métavers vise à connecter ces économies de jeu sous un seul et même ensemble cohésif.

Le fonctionnement du Métavers reposera sur la technologie blockchain et crypto pour permettre de fournir des identités sans permission, des services financiers et des échanges rapides. Les NFT joueront également un rôle fondamental dans le Métavers, en donnant aux individus la propriété complète de leurs personnages et des objets accumulés dans les jeux. Quant aux cryptomonnaies, elles pourraient devenir le moyen d’échange privilégié dans cet univers.

Grâce à la technologie blockchain, il est possible de posséder un actif numérique et le jeton crypto correspondant garantira, sans aucun doute, que l’œuvre d’art, l’élément de jeu, la propriété numérique, etc. appartient à un individu. Les actifs des utilisateurs sont également décentralisés et de pair à pair, et non soumis à une autorité centralisée comme un gouvernement ou une banque.

Des entreprises comme Decentraland et The Sandbox ont déjà développé des mondes virtuels qui intègrent des cryptomonnaies et permettent à leurs utilisateurs de les monétiser. « Je pense que les gens sont étonnés par la quantité d’argent que les joueurs dépensent en actifs numériques, » a déclaré Arthur Madrid, PDG et cofondateur de The Sandbox à Coindesk. « Je pense que rendre ces actifs NFT, construire une économie NFT, va ajouter une nouvelle couche par-dessus l’économie numérique existante. »

La manière dont la transition vers le « Métavers » se produira n’est pas claire, mais les experts s’accordent à dire que la réalité virtuelle est en passe de devenir un élément omniprésent de l’existence humaine, ce qui explique pourquoi les entreprises sont prêtes à engager des millions de dollars dans cet espace. Outre Facebook, d’autres géants de la technologie tels que Microsoft, Google, HTC, Samsung et Sony font partie des membres de la XR Association, une structure dédié à la recherche et au développement dans ce secteur.

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